Hélène Delprat “Skeleton Bad Taste“
Unglee “Pourquoi?“
Basel Hélène Delprat in der Galerie Gisèle Linder
Die französische Künstlerin Hélène Delprat (geb. 1957) ist eine subtile, fantasiereiche Geschichtenerzählerin mit einem maliziösen Hang zum Circensischen. Nie ist nur das gemeint, was man zu sehen glaubt. „Skeleton Bad Taste“ (das Skelett des schlechten Geschmacks) nennt sie den jüngsten Bildzyklus.
Seit mehr als 20 Jahren – seit Gisèle Linder ihre Galerie an der Elisabethenstrasse eröffnete – zeigt die in Paris lebende Malerin, Bühnenbildnerin, Inszenatorin und Filmerin Hélène Delprat Kapitel ihres Schaffens in Basel. Eben jetzt zum 10ten Mal. Obwohl das bewegte Bild - insbesondere minimalistisch angelegte Maskeraden vor der eigenen Kamera – und auch die Fotografie in den letzten Jahren an Bedeutung gewannen, zeigt Hélène Delprat aktuell einen ganz neuen, auf die Räumlichkeiten zugeschnittenen Malerei-Zyklus. „Ob Malerei, Film, Inszenierung – was auch immer – es sind alles Facetten ein und derselben künstlerischen Vision“, sagt die Künstlerin. Diese Vision ist vielschichtig – mal werden Bilder zu Träumen, mal träumt sie von Bildern – hat aber einen roten Faden: Das Tier, das als Allegorie des Menschen auftritt; weniger im Sinne der Fabeln von La Fontaine als vielmehr der Karikatur, häufig der englischen. Das Tier erscheint denn auch als „singe peintre“, als „homme lion“ oder gar als Koch in Eselsfigur mit schwarzer Schürze und doppeltem Kopf : “The Bad Taste Donkey Burger“.
Die doppelbödigen, zeichnerisch angelegten „Bad Taste“-Szenen sind nicht bildfüllend angelegt, sondern erscheinen oft medaillonhaft, als Blick hinter die Kulissen oder collageartig auf einen kontrastierenden Untergrund platziert. So zeigt sich zum Beispiel das weisse, mit einer Sense ausgestatte Eichhörnchen zunächst auf einem schwarzen, blumenförmigen Patch mit der Inschrift „My New Job“; das wie ein Abzeichen wirkende Medaillon platziert Delprat nun aber auf einen vorgängig gemalten Untergrund, hier mit bunten, kleinen Bonbons. Immer wieder gelingt es Delprat Assoziationsfülle auf einen einfachen Nenner zu reduzieren. Dass dahinter dennoch die Lust an der Fülle regiert, zeigt sich darin, dass die Künstlerin einem Literaturstudenten den Auftrag gab, zu einer Reihe von Bildern eine Geschichte zu schreiben. Dieser löst die Aufgabe bravourös, in dem er sich als Beauftragter auf die Suche nach den Bild-Phänomenen macht und – zum Beispiel – in Beartooth Mountain auf die kriminellen Double Donkeys stösst, diese so zu fotografieren vorgibt wie sie die Malerin malte und so ein faszinierendes perpetuum mobile erzeugt. Die Texte sind Teil der Ausstellung.
Hélène Delprat ist eine Tänzerin zwischen den Zeiten, den Geschichten und ihren Bildern. Zeichnete sie früher liebend gern in Bibliotheken – zum Beispiel mit einem Buch mit Illustrationen von William Hogarth vor sich - so ist ihr mittlerweile die Bild-Ebene von Google zur Inspirationsquelle geworden, wobei ihr aber nach wie vor die Form und Ausschnitt wählende Zeichnung als Intermédiaire dient. Das Füllhorn der Zeichnungen wird im Moment einer konzentrierten Malphase zur Wundertüte, die intuitiv mit den abstrakten Umfeldern – den Bühnenbildern – interagiert und sich zu Bildstücken (im Gegensatz zu Theaterstücken) verdichtet. Gegeben wird dabei alles, von Liebesszenen mit Schmetterlingen bis zu – häufiger – subversiv oder auch sehr direkt Gewalt, Macht und Ohnmacht, Arroganz und Hinterlist implizierenden.
Es gehört zur Arbeitsweise der Galerie, der Hauptausstellung eine Art Kabinett anzugliedern. Wenn Gisèle Linder jetzt den seit den 1970er-Jahren Wort und Bild verknüpfenden Franzosen Unglee einlud, so weil auch er, wenn auch ganz anders, fragile Fiktionen schafft – sei es mit dem Mittel des Films, der öffentlichen oder medialen Intervention. Sprechende Gesichter, wie sie kürzlich in „Eros II“ in Riehen zu sehen waren, spielen dabei heute die grössere Rolle als die Tulpen, die lange sein Markenzeichen waren.
Annelise Zwez
nOn
Une vidéo de Unglee.
Texte de présentation pour l’exposition à la Galerie Gisèle Linder à Bâle
en mars 2007
nOn est une pièce charnière dans mon travail autour de l’image en mouvement car elle reprend les codes formels de mes films expérimentaux (1976-1992) et annonce ceux des vidéos que je réaliserai ultérieurement (2001-2006) (*).
Mes films expérimentaux (**), dans lesquels il était souvent question de séduction, ont été construits pour provoquer des sentiments de désir et de frustration érotiques chez le spectateur. C’est dans ce but que je filmais sous forme de plans très courts, pour créer une impression de manque face aux images qu’on ne pouvait contempler du fait de leur présence trop brève sur l’écran. Pour compenser ce manque j’avais choisi l’option de filmer en gros plans selon un mode répétitif qui laissait entrevoir la possibilité de revoir ce que l’on avait aperçu.
Dans une certaine mesure nOn reprend ces modalités de montage car à peine le visage des protagonistes est-il apparu sur l’écran qu’il est remplacé par un autre. Ce qu’il y a de nouveau dans nOn c’est le choix d’un cadrage unique et le regard caméra que l’on retrouvera dans mes vidéos suivantes dans lesquelles l’extrême découpage est abandonné au profit du plan séquence.
nOn se réfère aux clichés véhiculés par le music-hall et plus particulièrement par ce que l’on appelle le “easy listening” qui se caractérise par des musiques calmes, mélodieuses et élégantes et des thèmes sentimentaux ou fatalistes comme, par exemple, dans A House Is Not A Home de Burt Bacharach et Hal David : “A house is not a home when there’s no one there to hold you tight and no one there you can kiss good night” (Une maison n’est pas un chez soi quand il n’y a personne là pour vous serrer fort dans ses bras et personne pour vous dire bonne nuit en vous embrassant). Les représentants les plus emblématiques de ce courant musical sont Frank Sinatra, Shirley Bassey, Barbra Streisand, Burt Bacharach et Hal David ou encore Engelbert Humperdinck avec des titres tels que A Man without Love (Un homme sans amour) ou Take My Heart (Prends mon coeur). Si le “easy-listening” est apparenté à la variété ce n’est pas exactement là qu’il se situe mais plus précisément entre celle-ci et les mélodies des musiques de films hollywoodiens et des comédies musicales de Broadway, d’où la mise en valeur, dans nOn, de la musicalité des voix que j’ai accentuée par l’utilisation des trois langues qui, à des degrés divers, sont présentes dans mon parcours biographique : le français parce que c’est ma langue maternelle, l’anglais qui est ma seconde langue à cause de mes voyages en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et l’italien qui est une découverte plus récente après un séjour à Venise.
Cette pièce a été conçue pour être vue en galerie par des visiteurs qui ne sont pas captifs comme on peut l’être dans une salle de cinéma où l’on réfléchit à deux fois avant d’acheter son billet et de quitter la projection en plein milieu du film. Dans une galerie il en va autrement.
Pour retenir l’attention du visiteur j’ai mis en oeuvre certains paramètres : photogénie des comédiens sublimée par un écrin de lumière, par le cadrage, par l’utilisation du plan séquence et par le regard caméra qui accentue la présence du comédien que l’on peut regarder dans les yeux bien plus facilement que s’il était réellement en face de nous; audiogénie des voix et accentuation par la prise de son et le mixage de leur sensualité, introduction dans le texte de moments de “teasing” par un effet de montage. Le résultat : Dans un premier temps le visiteur a envie de regarder les visages qui apparaissent sur l’écran, puis il prend conscience de la qualité du timbre des voix et dans un troisième temps il s’intéresse à ce que disent ces garçons. Et que disent-ils ? Ils parlent d’eux-même, de leurs peurs, de leurs angoisses, de leurs désirs qui sont aussi les nôtres. C’est pour cela que nous restons devant ces images à les écouter jusqu’à la phrase finale qui nous donne des frissons dans le dos, parce qu’elle formule ce qui peut arriver de pire, ce qui peut briser notre vie.
Aujourd’hui, si je devais qualifier nOn, je dirais que c’est une chanson sans musique.
Unglee
Paris, le 29 novembre 2006
(*) J’aime quand tu danses (2002), J’aime tes parfums (2002), Dans le soleil (2003) et Regarde-moi (2005) ont été montrés dans l’exposition Eros in der kunst der moderne à la fondation Beyeler du 8 octobre 2006 au 18 février 2007.
(**) Chérie, que veux-tu ? (1978) a été présenté au festival de Cannes en 1978 et Forget me not (1979) fait partie des collections du musée d’art moderne du centre Georges Pompidou à Paris.
nOn
Année de réalisation : 2001
DVCPro sur DVD
avec Christian Francelet, Mathieu Capel, Ulrick Desert, Stefan Gouzouguec
voix italienne : Giorgion Mastinu
texte, conception et réalisation : Unglee
assistant : Frédéric Dumond
maquillage : Unglee
lumière : Julien Laurent
prise de son : Raphaël Sohier
prise de son italienne : Frédéric Lavignette
mixage : station mir
montage : unglee
durée : 9 mn 30
réalisé avec la participation du Ministère de la culture et de la communication.
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Quatre garçons expriment leurs demandes d’amour, leurs peurs de ne pas être aimés, de ne plus être aimés, leurs peurs d’être abandonnés et de se retrouver seuls.
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