Galerie Gisèle Linder
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Christoph EIsenring

« Futures découvertes archéologiques » - 30 octobre 2021 au 8 janvier 2022 Le titre de l’exposition Futures découvertes archéologiques joue avec l’idée que les œuvres exposées seront découvertes par les archéologues du futur. Bon nombre de ces travaux rappellent des fossiles ou ont été modifiés de façon à avoir l’aspect d’un artefact.

Christoph Eisenring poursuit une pratique artistique de la recherche. Il transforme des objets fortuits de la vie quotidienne en réductions de leur forme. Pour cela, il s’intéresse à des objets qui ne sont pas liés à une époque précise, mais qui, dans leur fonction ou leur utilisation sont si constants qu’ils perdurent sans qu’on leur accorde une attention particulière. Par le décalage temporel auquel se réfère le titre de l’exposition, on rappelle que tout objet, aussi banal soit-il, peut devenir un jour une découverte archéologique et par conséquent être lu comme vestige d’une époque révolue.

Son fossilisé
Son fossilisé montre l’empreinte négative d’un triangle – moulé contre toute attente dans le plâtre. L’instrument semble donc être conservé dans l’empreinte, le son résonnant cependant uniquement dans l’imaginaire du spectateur. L’instrument rudimentaire reflète le langage formel artistique de Christoph Eisenring: l’expression du triangle étant réduit à un minimum, le moment précis de son retentissement doit être amené à l’essentiel par des musiciens. Le son obtenu est associé à de la musique orchestrale. Pourtant, cela fait longtemps qu’il s’est glissé dans la frénésie de notre quotidien : il marque le moment de l’arrivée de messages et de souvenirs sur le smartphone. Partout dans le monde, des millions de fois, en ce moment précis.

Transmission muette
L’œuvre Transmission muette est une boîte cubique avec les faces intérieures en miroirs. A l’intérieur se trouve le moulage en plâtre d’une route dentée ayant exactement le même diamètre que la boîte, si bien que la forme en plâtre touche de tous les côtés les miroirs. En regardant dans la boîte, on voit apparaître les reflets alignés infinis de la roue, dont les dents ne s’engrènent jamais. Un jeu de la pensée qui suggère l’impossibilité infinie que les dents reflétées ne puissent jamais déclencher un mouvement. En contradiction à cela, la roue dentée est associée au dur travail d’une machine en fer grinçant. Symbolisant l’impossibilité du mouvement, la roue est condamnée à rester à jamais muette.

Naine blanche
La boule est composée de sucre et de sel, elle a été pressée dans une forme et polie lors d’un long processus, jusqu’à ce que le produit fini rappelle plutôt des pierres nobles telles que le marbre ou l’albâtre que des fondamentaux de notre alimentation. La dichotomie du sucre et du sel et leur association se retrouve dans le titre : Naine blanche désigne le stade final d’une étoile qui s’amenuise de façon multiple, sa masse se comprimant sous une pression gigantesque pour devenir un petit point dans l’espace – jusqu’à ce qu’un jour celui-ci se consume entièrement. Peut-être que le grain de riz debout sur fond noir en est l’expression.

Les résultats de la recherche constante de Christoph Eisenring de particularités fortuites sont réunis dans cette exposition. Ce sont à ce moment des observations et des recherches d’objets passées et terminées. Réduits, modifiés de manière subtile ou remodelés dans leur utilisation, afin de stimuler de nouveaux processus de pensée.

Revenons à l’idée que les chercheurs et les chercheuses de l’avenir tombent sur ces œuvres d’art : pour ceux ou celles-ci, la recherche de leur utilisation et l’interprétation des découvertes archéologiques recommenceraient

Nina Arnold, Octobre 2021